Déclaration Panneau Solaire 2025 : Votre Guide Complet

Installer des panneaux solaires pour réduire sa facture d'électricité est une excellente initiative, mais la question de la déclaration administrative suscite souvent des interrogations. Entre les kits plug-and-play et les installations plus conséquentes, les démarches diffèrent. Démystifions ensemble les obligations spécifiques à chaque cas de figure en France pour 2025.

Markus Weber

Markus Weber

Conseiller en énergie & Expert PV certifié TÜV

Markus Weber est conseiller en énergie et technicien solaire depuis 2012. Au cours des 5 dernières années, il a installé plus de 50 systèmes solaires dans le sud de l'Allemagne et en Autriche.

Certifié TÜV 5+ ans d'expérience 50+ installations

Dès lors que l'on envisage de produire sa propre électricité solaire, que ce soit via un kit "plug-and-play" sur un balcon ou une installation complète en toiture, une question revient inévitablement : faut-il le déclarer, et si oui, à qui et comment ? La législation française, en constante adaptation pour accompagner le développement des énergies renouvelables, établit des règles précises qui varient selon la puissance de votre système et son mode d'intégration. Ignorer ces étapes peut entraîner des désagréments, voire l'impossibilité de bénéficier de certains avantages. Clarifions le parcours administratif qui vous attend.

Les Kits Solaires "Plug-and-Play" : Simplicité n'est pas Absence de Démarches

Le marché des kits solaires "plug-and-play", ou kits balcon, connaît un essor fulgurant. Ces solutions, généralement d'une puissance inférieure à 800 W AC (c'est-à-dire la puissance de l'onduleur, même si les modules peuvent atteindre 920 W DC), séduisent par leur facilité d'installation. Cependant, cette simplicité ne dispense pas d'une déclaration cruciale : la Convention d'Autoconsommation Sans Injection (CACSI) auprès d'Enedis. Cette formalité est obligatoire pour toute installation raccordée au réseau, même si elle n'injecte pas volontairement le surplus. Le délai recommandé pour cette déclaration est d'un mois après l'installation, mais il est tout à fait possible de la réaliser a posteriori. Enedis n'émet pas d'acceptation formelle, il s'agit d'une démarche informative pour l'opérateur de réseau, essentielle pour sa connaissance du flux électrique sur son territoire.

Les documents requis pour la CACSI sont relativement basiques : un plan de situation de l'installation et une attestation de conformité du micro-onduleur, prouvant qu'il respecte les normes en vigueur et dispose notamment des protections de découplage intégrées. Sur le plan de l'urbanisme, la bonne nouvelle est que la plupart de ces kits, par nature amovibles et souvent installés à moins de 1,80 mètre de hauteur, ne nécessitent aucune déclaration préalable en mairie. Cela simplifie grandement les choses et permet une mise en service rapide. Néanmoins, pour des installations visibles en copropriété, une consultation, même informelle, du syndic reste une marque de bonne gestion et évite d'éventuels conflits, même si la Loi ENR de 2023 a fortement assoupli la procédure.

Installations Toiture : Une Réglementation Plus Exigeante au-delà de 3 kWc

Lorsque vous optez pour une installation solaire en toiture, avec une puissance supérieure à 3 kilowatts-crête (kWc), le cadre réglementaire se densifie. C'est le cas typique pour une installation de 6 kWc, par exemple, qui nécessite environ 25 à 30 m² de toiture selon les modules choisis. Ici, la déclaration préalable de travaux (DP) est une étape incontournable. Elle vise à informer la mairie de la modification de l'aspect extérieur de votre bâtiment. Le formulaire à déposer est le CERFA n°13703. Le délai d'examen est généralement d'un mois, avec le principe du "silence vaut acceptation". Il est impératif de s'assurer de cette validation avant de débuter les travaux, sous peine de devoir tout démonter et de s'exposer à des amendes.

Au-delà de la DP, la conformité électrique est une préoccupation majeure. L'attestation Consuel, souvent appelée "passeport électrique", est obligatoire pour toute installation productrice d'électricité raccordée au réseau. Pour une installation en autoconsommation avec micro-onduleurs et sans batterie physique, c'est l'attestation de conformité bleue (SC144C2), avec son formulaire technique SC144C2-2 (exigé depuis septembre 2025), qui est nécessaire. Cette certification garantit que votre installation respecte la norme NF C 15-100, l'UTE C15-712-1 pour les conditions techniques photovoltaïques, et depuis janvier 2025, la norme EN 50549 pour les onduleurs.

Enfin, pour bénéficier de la prime à l'autoconsommation et vendre votre surplus de production, il est impératif de faire appel à un installateur certifié RGE QualiPV. Pour une installation de 6 kWc, la qualification QualiPV 36 est suffisante, couvrant les installations jusqu'à 36 kWc. Sans cette certification, l'accès aux aides financières est impossible. Cette exigence est souvent mal comprise par les particuliers qui pensent pouvoir tout faire par eux-mêmes, mais elle vise à garantir la qualité et la sécurité des installations raccordées au réseau.

Les Panneaux Hybrides : Une Double Nature Déclarative

Les panneaux solaires hybrides, ou PVT (photovoltaïque-thermique), comme les DualSun Spring, combinent la production d'électricité et celle d'eau chaude sanitaire. Cette double fonction complexifie légèrement la déclaration préalable de travaux. En effet, vous devrez y préciser non seulement la puissance photovoltaïque (par exemple, 6 kWc pour 12 panneaux DualSun Spring 500 Wc) mais aussi la puissance thermique (environ 660 Wth/m² par panneau) et la surface thermique brute couverte. C'est une modification d'aspect extérieur qui impacte doublement le bâtiment.

La distinction est également cruciale pour les aides. Contrairement aux installations purement photovoltaïques, les systèmes hybrides ne peuvent pas cumuler la prime à l'autoconsommation pour la partie électrique et MaPrimeRénov' pour la partie thermique. Généralement, seule la composante thermique peut prétendre à une aide spécifique sous certaines conditions, ce qui demande une analyse fine du retour sur investissement et des avantages fiscaux. Cette complexité met en lumière l'importance de bien comprendre les spécificités de chaque technologie avant de se lancer, et de solliciter des professionnels qui maîtrisent ces subtilités. Bien souvent, la promesse d'une double économie est attrayante, mais la réalité des aides peut tempérer l'enthousiasme.

Aides et Subventions en 2025 : Un Paysage à Deux Vitesses

En matière d'aides, la disparité entre les kits "plug-and-play" et les installations plus importantes est flagrante en 2025. Pour les kits balcon, la règle est claire :

aucune aide nationale n'est disponible. Ni la prime à l'autoconsommation, ni MaPrimeRénov', ni les Certificats d'Économie d'Énergie (CEE) ne s'appliquent à ces petites installations. Quelques rares aides locales ou régionales peuvent exister, mais elles sont l'exception et nécessitent une vérification minutieuse auprès de votre mairie ou de votre région. C'est une critique souvent formulée par les consommateurs, qui voient dans l'absence de subvention un frein à l'adoption massive de ces solutions décentralisées et facilement accessibles.

Pour les installations en toiture dont la puissance est inférieure ou égale à 9 kWc et réalisées par un professionnel RGE, la prime à l'autoconsommation reste en vigueur. Pour 2025, elle s'élève à 80 € par kWc, versée en une seule fois lors de la première facturation EDF OA. Ainsi, une installation de 6 kWc vous rapportera 480 €, tandis qu'une installation de 9 kWc atteindra 720 €. Il est important de noter que ce montant a significativement diminué par rapport à 2024 (où il avoisinait les 180-200 €/kWc pour le segment 9-36 kWc), ce qui reflète la baisse globale des coûts des équipements. Pour le surplus non autoconsommé, EDF Obligation d'Achat (EDF OA) le rachète à 0,04 €/kWh pour les installations inférieures à 9 kWc, un tarif garanti pour 20 ans. Ce montant peut monter à 0,0617 €/kWh pour les installations entre 9 et 100 kWc. Ces tarifs sont bien inférieurs au prix d'achat de l'électricité (environ 0,25-0,30 €/kWh abonnement inclus en 2024), soulignant l'intérêt de maximiser l'autoconsommation.

Malgré la baisse des primes, l'amortissement d'une installation solaire reste attractif. Un kit de 400W, coûtant entre 300 et 450 €, peut générer 360-560 kWh/an, soit environ 100-140 € d'économies annuelles. Pour un kit de 800W (600-900 €), attendez-vous à 720-1120 kWh/an et 200-250 € d'économies. L'amortissement réaliste se situe entre 3 et 5 ans, selon la région et le taux d'autoconsommation. Sans batterie, ce taux oscille entre 70 et 80 % ; il peut atteindre 85 à 95 % avec une batterie virtuelle ou physique, bien que cette dernière représente un surcoût significatif (+1000-2500 €). La production régionale est également un facteur clé : le Sud de la France (PACA, Occitanie) peut produire 30-40% de plus que la moyenne nationale, tandis que le Nord ou la Bretagne peuvent afficher une production inférieure de 30-40%. Ces chiffres prouvent que l'investissement reste judicieux, mais qu'il demande une planification adaptée à son environnement.

Tableau Récapitulatif des Démarches Clés

Pour mieux visualiser les exigences administratives, voici un tableau synthétisant les démarches selon la puissance de votre installation et son mode :

Type d'Installation Puissance Typique Déclaration Mairie (DP) Déclaration Enedis (CACSI) Attestation Consuel Certification Installateur RGE Aides Nationales
Kit "Plug-and-Play" (balcon) < 800 W AC Non (si < 1,80m et amovible) Oui (obligatoire) Non requis Non requis Non
Installation Toiture < 3 kWc Non Oui (obligatoire) Oui (SC144C2-2) Oui (pour primes) Oui (prime autoconsommation)
Installation Toiture > 3 kWc (ex: 6 kWc) Oui (CERFA n°13703) Oui (obligatoire) Oui (SC144C2-2) Oui (QualiPV 36) Oui (prime autoconsommation + rachat surplus)
Panneaux Hybrides (PVT) Toute puissance Oui (CERFA n°13703, PV + Thermique) Oui (obligatoire, partie PV) Oui (SC144C2-2, partie PV) Oui (pour aides PV/thermique) Oui (spécifiques PV ou thermique, non cumulables)

La Loi ENR du 10 mars 2023 a considérablement simplifié l'installation de panneaux solaires en copropriété, un point qui était auparavant une source majeure de blocage. Désormais, l'installation d'équipements solaires, même visibles, peut être autorisée à la majorité simple en Assemblée Générale (AG). C'est un changement majeur qui donne plus de pouvoir aux copropriétaires désireux de verdir leur consommation. Avant cette loi, une majorité plus difficile à obtenir était souvent requise, freinant de nombreux projets.

Pour un kit plug-and-play amovible, sans perçage ni modification permanente, la procédure est encore plus allégée. Un locataire, par exemple, peut généralement installer un tel kit sur son balcon sans nécessiter l'accord formel du propriétaire ou de la copropriété, tant qu'aucune altération durable n'est faite à l'immeuble. Toutefois, une consultation préalable du syndic reste une démarche de courtoisie et de prévention. Il est toujours préférable d'informer, même si la loi vous donne le droit d'agir. Cette nouvelle donne ouvre des perspectives réelles pour des milliers de foyers en appartement qui étaient jusqu'alors exclus de la production solaire.

En somme, le parcours de déclaration pour vos panneaux solaires n'est pas un chemin obscur, mais plutôt un ensemble de balises claires qui dépendent de la taille et du type de votre projet. Qu'il s'agisse de la simple CACSI pour un kit balcon ou de la panoplie complète de DP, Consuel et RGE pour une installation toiture, chaque étape a sa raison d'être. Bien comprendre ces exigences dès le début vous fera gagner un temps précieux et vous assurera de récolter pleinement les fruits de votre investissement solaire. Ne vous laissez pas décourager par l'apparente complexité ; avec les bonnes informations, vous êtes parfaitement armé pour faire le choix éclairé de l'autoconsommation.

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Questions fréquentes

Est-il obligatoire de déclarer des panneaux solaires ?

Oui, pour la majorité des installations. Une déclaration préalable de travaux ou un permis de construire est obligatoire auprès de la mairie sauf pour les installations au sol de moins de 3 kWc et hauteur inférieure à 1,80 m, qui ne nécessitent aucune formalité, à condition de ne pas être en zone protégée.

Est-ce que l'installation de panneaux solaires donne droit à un crédit d'impôt ?

Non, le crédit d'impôt (CITE) pour les panneaux photovoltaïques a été supprimé en 2014. En 2025, aucune installation solaire photovoltaïque n'ouvre droit à un crédit d'impôt, bien que Ma Prime Rénov' puisse concerner les panneaux thermiques ou hybrides sous certaines conditions.

Quelle aide de l'État pour un panneau photovoltaïque 2025 ?

La principale aide est la prime à l'autoconsommation photovoltaïque versée sur 5 ans (environ 430 €/kWc pour une installation 3 kWc), complétée par une TVA réduite à 5,5 % depuis le 1er octobre 2025 pour les installations ≤9 kWc, et les certificats d'économie d'énergie (CEE).

Quelle autorisation est nécessaire pour installer un panneau solaire sur un balcon ?

Une autorisation de la copropriété est généralement nécessaire si l'installation modifie l'aspect extérieur visible depuis la rue. Si vous installez un kit plug-and-play amovible sans percement, vous pouvez souvent contourner cette formalité, mais l'accord du syndic reste conseillé.

Est-il possible de poser des panneaux solaires au sol sans autorisation ?

Oui, uniquement si l'installation a une puissance inférieure à 3 kWc, une hauteur ≤1,80 m et se situe en dehors d'une zone protégée. Pour les autres cas, une déclaration préalable (3 à 250 kWc) ou un permis de construire (>250 kWc) est obligatoire.

Quelle est la taxe sur les panneaux solaires ?

Pour les particuliers, les panneaux photovoltaïques en toiture ne sont pas soumis à la taxe foncière car ils ne modifient pas la structure du bâtiment. En revanche, les installations au sol génèrent une taxe d'aménagement et une taxe foncière (50% de la valeur locative cadastrale).

Déclaration panneau solaire aide : comment procéder ?

Vous devez déposer une déclaration préalable de travaux auprès de votre mairie en utilisant le formulaire Cerfa n°13703, accompagnée des plans de masse et de coupe. Un professionnel RGE peut vous assister dans ces démarches administratives obligatoires.

Puis-je mettre un panneau solaire sur mon balcon ?

Oui, vous pouvez installer un panneau solaire sur un balcon, notamment un kit plug-and-play amovible qui ne nécessite pas de fixation permanente. Toutefois, en copropriété, l'accord de l'assemblée générale est requis si l'installation est visible de l'extérieur.

Puis-je mettre ce que je veux sur mon balcon ?

Non, en copropriété, le balcon est une partie commune, et toute modification visible de l'extérieur (panneaux solaires fixés, structures permanentes) nécessite l'approbation des copropriétaires. L'installation doit aussi respecter la charge maximale du balcon.

Est-il légal de produire son électricité soi-même sans raccordement EDF ?

Oui, il est légal de produire et consommer sa propre électricité (autoconsommation totale) sans contrat avec EDF. Cependant, sauf en zone isolée (off-grid), un raccordement au réseau Enedis est obligatoire, bien que gratuit en autoconsommation partielle.

Quelle puissance de panneau solaire pour une maison ?

Pour une maison de 4 personnes d'environ 100-130 m², une installation de 3 à 9 kWc est généralement recommandée. Le dimensionnement dépend de votre consommation énergétique, de l'orientation de votre toiture et de votre région (ensoleillement).

Combien coûte l'installation de panneaux solaires en 2025 ?

Une installation photovoltaïque clé en main coûte entre 7 000 et 22 000 € selon la puissance (2 600-3 100 €/kWc). Pour une installation 3 kWc typique, comptez environ 8 100 €, réduits à 7 500 € après application de la prime à l'autoconsommation.

Quelle est la rentabilité des panneaux solaires ?

En 2025, le délai de rentabilité varie entre 8 et 15 ans selon le taux d'autoconsommation, la région et les aides. Pour une installation 3 kWc en autoconsommation à 50 %, le retour sur investissement se situe environ 10 ans, générant 24 300 € d'économies sur 25 ans.

Faut-il un permis de construire ou une déclaration préalable pour des panneaux solaires en toiture ?

Pour une toiture : aucune autorisation si puissance <3 kWc et hauteur <1,80 m. Déclaration préalable requise si hauteur >1,80 m ou puissance 3-1000 kWc. Permis de construire obligatoire pour puissance >1000 kWc ou bâtiment neuf.

Quels sont les meilleurs panneaux solaires en 2025 ?

Les meilleures marques incluent DualSun (22,6% rendement, garantie 30 ans), Longi (22,91%), JA Solar (23,3%), SunPower (23%), et Trina Solar (20%, bon rapport qualité-prix). Le choix dépend de votre budget et de vos priorités (performance vs prix).

Dois-je déclarer ma production d'électricité solaire aux impôts ?

Non, pour les installations ≤3 kWc en autoconsommation. Au-delà, si vous vendez le surplus à EDF, cette activité peut être imposable selon la puissance déclarée, bien que les particuliers en autoconsommation restent généralement exonérés.